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Nouvelles

Avatar de Asaliah
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  Lien vers ce message 25 Avril 2008, 20:59
Voilà alors pour ceux qui écrivent et qui souhaitent montrer un peu ce qu'ils font... ou même pour ceux qui sont intéressés par l'écriture des autres... J'ouvre le bal avec ma toute dernière nouvelle intitulée...



Sacrifices

« Eh, Zakk ! »

L’interpellé lève la tête.

« Quoi Nalkair ? »

Le dénommé Zakk regarde autour de lui, à la recherche d’un esclavagiste. N’en voyant aucun, il plante sa pelle dans le sol et s’y accoude.

« Bon alors vas-y, qu’est-ce que tu veux savoir ? Dis quelque chose, merde ! »

L’autre ne répond pas et continue de retourner consciencieusement la terre meuble, l’air gêné d’avoir dérangé son compagnon. Une cloche sonne. Un contremaître apparaît dans la serre et hurle :

« C’est l’heure de la pause ! Vous avez quinze minutes ! Tu f’sais quoi toi, tu travaillais pas ? »

Zakk sort une excuse bidon, comme quoi il montrait à son camarade qu’il faisait pas bien son travail et l’esclavagiste se retire, leur jetant un regard suspicieux. Nalkair soupire, plante à son tour son outil dans la terre meuble, essuie la sueur de son front avec un pan de sa chemise et s’assied par terre alors que Zakk le rejoint. Tous deux sont très dissemblables. Zakk est plus vieux de plusieurs années et possède plus de marques de coups de fouet que son partenaire. Sa peau est d’un blanc nacré, son visage oblong et ses yeux d’un noir de jais. Nalkair lui, a une peau d’un gris métallique. Encore jeune, son visage est plutôt rond mais percé de deux yeux violets où brille une étincelle de malice.

« Ecoute Nalkair, tu sais que je peux rien te dire. Les Vieux me tueraient si jamais j’te disais ce qu’ils ont prévu.

- Ouais mais c’est quand même moi qui suis le plus concerné ! »

Nalkair rapproche ses talons de ses fesses et enserre ses genoux avec ses bras.

« Et alors ?

- Eh bah j’ai quand même le droit de savoir ! Allez quoi, dis-le moi… Ca m’fait peur cette histoire !

- Tu crois qu’t’es le seul à avoir peur ? Moi aussi j’ai les boules. Alors arrête de m’prendre la tête mon garçon. »

Zakk appuie ses paroles d’un clin d’œil mais Nalkair n’a pas l’air décidé à le laisser s’en tirer comme ça et fait semblant de bouder. Zakk sourit, amusé.

« Allez arrête de faire cette tête, gamin. Si tu souris pas dans la minute, j’te filerai pas d’tarte au souper.

- T’façon l’est pas bonne ta tarte. »

Zakk éclate de rire et se relève d’un bond.

« Bon allez mon gars, remets-toi au boulot. Si tu travailles plus vite que moi, p’têt que j’te soufflerai un mot ou deux sur le plan des Vieux. »

Arrêtant de faire semblant de faire la tête, Nalkair se remet sur ses pieds, tout sourire, et prend son outil à deux mains avant de recommencer à travailler alors que la cloche sonne à nouveau.

*
* *


« Quoi… Laisse-moi dormir… »

Je sens quelqu’un secouer mon épaule. J’ouvre les yeux mais la lumière d’une lampe de poche m’aveugle aussitôt et je lève les mains devant mes paupières abaissées.

« Nalkair, lève-toi. Vite. »

Surpris par le ton implacable de la voix, je m’exécute, encore à moitié endormi. L’homme a détourné le faisceau de sa lampe ; je peux rouvrir les yeux et passer une main sur les larmes qui commençaient à couler sur mes joues. Suivant la silhouette, je sors des dortoirs. La lune est encore haute dans le ciel et éclaire le camp d’une faible lumière. Le parfum de la terre mouillée parvient à nos narines et me rend un peu plus sûr de moi. Nous entrons dans un vieux hangar, plongé dans le noir. Je chuchote :

« Qu’est-ce… »

L’autre me coupe la parole tout bas, de façon impérieuse :

« Tais-toi ! »

Le silence nous entoure. Mon compagnon pose sa main sur mon épaule et sa voix se fait plus claire tout à coup :

« Les Mille Tourments seront infligés à nos bourreaux. »

Les lumières s’allument aussitôt et je suis à nouveau ébloui. J’attends quelques secondes et ouvre à nouveau les yeux. Je hoquète de surprise.

« Merde, les Vieux… »

Une trentaine de personnes se tiennent devant moi et me regardent. Leurs yeux, moins sensibles que les miens, n’ont eu aucun mal à s’habituer au changement de luminosité. Un peu en avant, trois hommes se distinguent : ce sont les plus âgés de notre communauté et ceux qui la dirigent.

« Il est temps, Nalkair. Te sens-tu prêt ? »

Une boule se forme dans mon ventre. L’angoisse m’étreint et un haut-le-cœur me fait sursauter. Je comprends pourquoi Zakk ne m’a rien dit… l’opération était prévue pour ce soir !

L’homme derrière moi affermit sa pression sur mon épaule.

« Ou… Oui, je suis prêt. »

Le Vieux qui se trouve au centre de la compagnie s’approche de moi et s’accroupit, ses genoux craquant sous l’effort. Sa voix est ferme quand il me déclare :

« Ecoute… Ce soir est un grand jour pour nous. Nous allons nous libérer du joug de ces esclavagistes. Ne nous pose pas de question, ne nous demande pas quels moyens nous allons mettre en œuvre pour que tu puisses t’enfuir et porter notre message à la Confrérie. Une fois que tu seras devant la plaine, je veux que tu coures droit devant toi. Ne fais pas attention à nous ni à ce que nous faisons, contente-toi de courir. Applique ce que je t’ai appris et ferme ton esprit aux émotions. Laisse la magie prendre possession de ton corps. Surtout, ferme ton esprit. »

Je n’ose même pas répondre. Le Vieux se relève et fait signe aux autres. Nous sortons et retrouvons la lune qui brille toujours. Nous parvenons devant les grillages qui entourent le camp. Derrière, la plaine s’étend à perte de vue. Seule une petite lumière au loin me donne une idée de la direction à suivre. Nous nous plaçons en demi-cercle devant une ouverture faite dans le grillage. Tout le monde ferme les yeux ; je m’empresse de faire de même. Je devine que nous devons faire vite : les esclavagistes savent aussi bien utiliser la magie que nous et pourraient nous repérer. J’imagine ma peur la plus horrible et lui donne forme. J’imagine mes amis mourant sous mes yeux, sous les coups de fouet d’un esclavagiste. Les détails prennent forme dans mon esprit. Je vois le visage du contremaître, déformé par la haine, mes compagnons se tordant de douleur sur le sol, le sang qui ruisselle sur leurs dos. Quand j’entends le claquement du fouet, je suis prêt. Je laisse l’image prendre possession de mes pensées. La peur m’étreint. J’ai trouvé le pouvoir de mon peuple, celui de la terreur. Mon esprit est verrouillé. J’ouvre à nouveau les yeux mais ce que je vois n’a aucune prise sur mon esprit. C’est comme si j’étais un simple spectateur devant un spectacle mais qu’aucune émotion ne s’emparait de moi. Je vois trois hommes se faufiler dehors par l’ouverture. Le premier, un homme, plutôt vieux, ses cheveux cascadant sur ses épaules dénudées commence à marcher droit vers la lueur, au loin. Une explosion.

Ca y est, c’est parti. Tout s’accélère. Un autre homme commence à marcher et une nouvelle explosion retentit. Au tour d’un troisième. Déflagration. C’est à mon tour. Je me glisse par l’orifice, un fil de fer me taillade la peau mais je ne ressens pas la douleur : je suis trop effrayé par l’image invoquée dans mon esprit. D’autres hommes me suivent et commencent à courir avec moi, à toute vitesse. Je dépasse le cadavre déchiqueté du premier vieillard. Ses tripes à l’air libre reflètent la lumière de la lune. Je ne les vois presque pas. L’allure s’accélère. La peur est plus puissante chez mes compagnons ; ils courent plus vite que moi. A chaque fois que l’un d’entre eux me dépasse, il a à peine le temps de me distancer sur quelques mètres qu’il disparaît dans un fracas de lumière. Mon visage est chaud du sang de mes camarades et des bouts de muscles ou de tripes je ne sais pas glissent sur mes vêtements pendant que je détale vers la lumière, mon seul repère dans ce monde rouge d’explosions et de terreur. Une ligne rouge se forme à la périphérie de mon champ de vision, à environ trente mètres de moi. La ligne de démarcation du champ de mines. Une autre femme me dépasse et court droit devant moi. Zakk me rattrape enfin et se met à mon niveau. Je vois ses lèvres former des mots que mon esprit caresse et relâche aussitôt : « On va fuir ensemble ! ». Détonation. La femme a disparu. J’ai atteint la ligne rouge. Je tourne la tête. Zakk disparaît à son tour, happé par une langue de feu. Mon esprit est toujours hermétique à ces images et je fixe à nouveau mon objectif devant moi, sans ralentir. Je dois continuer.


(© Asaliah/Forge-Rêves, 2008.)


Songespoir, flammèches ignées talées par l'allubriance des pyrocarbonides. Envol de feu, fracas de l'acier sur l'ambre du Vouloir. Larmes de métal brûlant s'infiltrant dans l'espace sans limite d'une conscience incandescente.
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Avatar de DDril
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  Lien vers ce message 26 Avril 2008, 20:50
Très joli, y aura-t-il une suite?
Avatar de Asaliah
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Message édité 1 fois, dernière édition par Asaliah, 26 Avril 2008, 22:58     Lien vers ce message 26 Avril 2008, 22:58
Je te remercie. Non, aucune suite de prévue pour l'instant... Je pense que je vais le laisser tel quel.


Songespoir, flammèches ignées talées par l'allubriance des pyrocarbonides. Envol de feu, fracas de l'acier sur l'ambre du Vouloir. Larmes de métal brûlant s'infiltrant dans l'espace sans limite d'une conscience incandescente.
Avatar de Siegfried
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  Lien vers ce message 04 Juillet 2008, 11:01
Fichier joint
Vous n'avez pas l'autorisation de télécharger ce fichier


Voilà. C'était trop long pour la poster ici.
Avatar de Pierrot
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  Lien vers ce message 05 Juillet 2008, 12:18
T_T

J'avait plein de nouvelle...sur mon ancien PC !
Et j'ai tout perdu quand il à explosé T_T .

Donc il n'y aura pas de nouvelles de moi pour l'instant :s

(sinon très joli la nouvelle de Asaliah! J'ai pas encore téléchargé celle de Siegfred en revanche :/)
Avatar de Siegfried
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  Lien vers ce message 13 Juillet 2008, 20:16
Que ceux qui ont lu et (ou pas) pprécié le fassent savoir, je suis ouvert à toutes les critiques. Chui sorry pour toi Pierrot.
Avatar de Adraeth
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  Lien vers ce message 14 Juillet 2008, 4:59
Question a moitié HS (seulement), que je pose ne publique pour que la réponse soit accessible à tout les concernés, mais qui s'adresse surtout à mon collègue DDril :

Le copyright d'Amby protège-t-il les nouvelles et autres fics postés sur le forum ?


http://valenth.com/lab/83705.pnghttp://valenth.com/lab/83709.png
Feed 'em. Thanks !
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  Lien vers ce message 14 Juillet 2008, 18:23
Faut lire la close du copyright :p tout le contenu est protéger. Bon ok le site de copy france est en maintenance.
Avatar de L'Ankou
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  Lien vers ce message 31 Juillet 2008, 0:38
Juste pour rire, je vous offre le début de ce que j'écris actuellement... *Met sa jolie camisole et file s'enterrer*


~


Sven Erenwoods marchait dans la rue. Phrase banale et classique, en quelque sorte. Certes, il aurait été facile d'entourlouper cet ensemble de mots, mais dans ce cas, la vérité aurait été altérée. Il aurait pu se trouver au bord de l'eau – dans quel cas le lecteur assoiffé de sadisme aurait aimé que l'auteur pousse cruellement son personnage à la flotte (glacée de préférence. Comme les crèmes.). Il aurait pu aussi courir, mais dans le même état d'esprit de méchanceté, il aurait alors trébuché. Cette dernière éventualité, mixée à la précédente, aurait pour but de pousser le sadisme à son paroxysme : le personnage est en train de courir, il passe au dessus d'un pont, trébuche, tombe par dessus la barrière (mal conçue. Allez vous plaindre à la mairie !), et tombe dans l'eau glaciale. Mais non. Il marche. Il marche, et rien ne lui arrive. Il ne se fera même pas bousculer par un passant un peu trop pressé, tout simplement parce que ce genre de personne est déjà loin, en train de quiller d'autres gens innocents. Les pauvres.

Le pire, c'est qu'il marchait sans aucun but précis. Il marchait juste pour le plaisir de marcher, de sentir la douce chaleur matinale du soleil sur sa peau. Non, là, c'est pas possible, l'auteur se moque du lecteur !!!
- C'est une honte, un scandale ! Alors comme ça on fait un personnage, qui marche, et en plus pour rien !?
- Mais non, mais non, voyons ! Il ne marche pas pour rien, il marche pour apprécier la douceur de la vie ! La délicatesse des perturbations atmosphériques, la beauté des couleurs grises qui jurent abominablement entre elles...
- C'est ridicule. Il ferait mieux de faire quelque chose d'utile. Allez, quoi, cesse-donc cet insoutenable pseudo-suspens ! Que va-t-il lui arriver ? Il va rencontrer quelqu'un, se rendre dans un magasin ...
- ...Se casser la gueule, ou bien encore recevoir une chiure de pigeon sur la tête. Vous êtes méchants. Il ne lui arrivera rien, je suis désolé. Je dois être beaucoup trop clément avec mon personnage, certes, mais ce n'est pas de ma faute ! Regardez, il est si mignon...!
- Vous parlez comme un homme, c'est déplorable. Vous parlez comme une femme amoureuse, c'est ridicule.
- Je ne suis pas aussi sentimental que ça. Mon cœur est bien accroché, j'en ai commandé un nouveau, en pierre, et il a été directement été gravé dans ma cage thoracique. Je vous prierai donc de ne plus douter de mon insensibilité. Laissez-le apprécier la vie, tant qu'il est encore heureux et insouciant !
- Ha ha ! Donc il va connaître quelques tourments ...!

L'auteur fusilla le lecteur du regard. Plus précisément, il pointa sur sa pauvre victime insolente deux V12 N 71 Chokinox. Calibre 12 Magnum, éprouvés billes d'acier, canons forgés à froid de 61 à 76 cm. Un bon choix. Il tira. Cinq fois. Il aurait aimé tiré que trois fois, parce que ça faisait un plus joli chiffre, mais l'une des deux armes refusait d'être mono-usée. Le lecteur tomba sur le sol, et fit semblant d'être mort. L'auteur, satisfait, se leva, rangea ses flingues sous ses paupières et lança fièrement :

- Il ne trébuchera pas. Na !

Il tira la langue à sa victime, qui, d'un bond, se releva et la coupa, avant de s'enfuir avec au loin en ricanant bêtement. L'auteur s'assit et se mit à bouder. Mais passons. Après tout, ces petits incidents n'avaient rien changé au contexte : Sven marchait dans la rue. Oui, encore et toujours. Comme si le temps de la narration avait été mis en pause durant ces quelques instants d'égarements. Non, en fait, il avait ignoré tout ça, et avait continué sa promenade tranquillement. Et sans se casser la gueule, parce qu'il n'avait emporté de colle avec lui.

Ce pauvre Sven commençait cependant à être agacé. Toutes ces bêtises finissaient par le fatiguer. Il décida donc de faire une pose (Edgar Allanesque) sur un banc. Il se mit debout dessus, leva une jambe, passa un bras derrière sa tête, leva cette dernière vers le ciel et conserva admirablement bien son équilibre. Les passants s'arrêtèrent et applaudirent devant tant d'adresse et de grâce. Satisfait d'être de nouveau le centre de toutes les attentions, Sven sauta du banc et poursuivit sa marche. La vérité, c'est qu'il se rendait chez Djan, mais il avait dissimulé ce fait aux yeux meurtriers de l'auteur par crainte d'une éventuelle crise de jalousie. L'auteur, sachant cela, haussa les épaules. Non seulement son personnage était libre d'accomplir son histoire, mais en plus, il avait d'autres soucis en tête : il lui fallait une nouvelle langue. L'auteur tendit donc les bras, se mit à tourner sur lui-même de plus en plus rapidement, jusqu'à s'élever très haut dans le ciel, tel un hélicoptère. Une sortie magnifique, quoi que totalement inutile, puisqu'il y avait un marchant d'organes manquants juste en face de chez lui qui, en plus, disposait d'admirables dictionnaires Français-Allemand très pratiques pour les débutants.
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